Reconnaissance vocale chez l’otarie du Cap. La mère et son jeune s’identifient mutuellement malgré la similarité acoustique avec les autres individus de la colonie.

L’otarie à fourrure du Cap (Arctocephalus pusillus pusillus) est l’une des espèces de mammifères les plus coloniales au monde.
Les femelles allaitent exclusivement leurs petits pendant 9 à 11 mois, au cours desquels elles alternent de fréquentes sorties en mer pour chercher de la nourriture et des périodes d’allaitement à terre. La survie du petit dépend donc de la capacité du couple mère-petit à se localiser parmi des milliers d’individus.
Des travaux antérieurs ont démontré que des informations d’identité sont encodées dans les cris d’attraction des petits (PAC) et des femelles (FAC). Ici, nous avons étudié la reconnaissance vocale entre la mère et le petit en utilisant des enregistrements de PAC et FAC effectués pendant la saison de reproduction à Pelican Point, Namibie. Les femelles et les petits étaient capables de discriminer spécifiquement la voix de leur petit ou de leur mère de celle d’un petit ou d’une mère non affiliés.
Les femelles étaient capables de mémoriser les versions précédentes des appels de leur petit (preuve de reconnaissance jusqu’à 73 jours après l’enregistrement des appels du petit). La reconnaissance vocale a été démontrée chez les petits âgés de 1 à 13 semaines. Les femelles et les petits n’ont pas répondu différemment au stimulus non filial ou non maternel (pour les petits), même si celui-ci présentait une forte similitude acoustique avec le stimulus filial ou maternel.
Ces résultats suggèrent que les couples mère-petit de l’otarie du Cap ont des capacités perceptives et cognitives élevées, permettant aux individus d’identifier les vocalisations de leurs parents dans un environnement très bruyant et confus.

Mutual mother-pup vocal recognition in the highly colonial Cape fur seal: evidence of discrimination of calls with a high acoustic similarity. Mathilde Martin, Tess Gridley, Dorothy Fourie, Simon Harvey Elwen, Isabelle Charrier.

Article paru dans la revue Animal CognitionVoir sur le site