Tout comme l’être humain, les rats sont capables d’estimer une erreur temporelle dans leurs actions.

Les rongeurs estiment à chaque essai la précision avec laquelle ils produisent une durée L’être humain possède la capacité d’introspection, de juger de ses propres actions même en l’absence d’information en retour venant de l’extérieur, ce qui lui permet de mettre en œuvre des ajustements correctifs pour la prochaine fois. Pour déterminer si le rongeur est capable de juger de la précision temporelle de sa propre action, dans une étude collaborative avec Tadeusz Kononowicz (Académie polonaise des sciences) et Virignie van Wassenhove (NeuroSpin), nous avons développé une tâche comportementale au cours de laquelle le rat apprenait à produire une durée d’au moins 3,2 secondes en appuyant sur un levier.
Une récompense lui était distribuée dans une mangeoire située à gauche ou à droite en fonction de la taille de l’erreur produite par rapport à la durée cible. Lors d’essais-test pendant lesquels l’animal a le choix entre les deux mangeoires, le choix de la mangeoire et la vitesse avec laquelle il se précipite pour obtenir la récompense indiquent sa connaissance de la taille de l’erreur qu’il vient de faire, ainsi que la confiance qu’il a dans son jugement. Le comportement de l’animal a reflèté non seulement l’historique des récompenses obtenues, mais aussi l’analyse qu’il fait de sa performance : à chaque essai, les rongeurs évaluaient la précision avec laquelle ils avaient réalisé la tâche demandée et étaient capables de faire de l’ « error monitoring » ou suivi de l’erreur. En démontrant cette aptitude chez le rat, ces travaux ouvrent la voie à de nouvelles recherches sur les mécanismes cérébraux sous-tendant la représentation interne du temps.

Rodents monitor their error in self-generated duration on a single trial basis. Tadeusz Wladyslaw Kononowicz, Virginie van Wassenhove, Valérie Doyère.

Lire aussi le communiqué de presse du CNRS

Article paru dans la revue PNASVoir sur le site