Comment les moustaches racontent leur histoire ?

30 septembre 2020
Des modèles théoriques dans le domaine de la vision expliquent la façon dont les images composites, comme les visages, peuvent être décomposées en éléments fondamentaux. Ces théories de décomposition permettent aux neuroscientifiques de relier les caractéristiques individuelles qui composent une scène visuelle, comme les bords, les courbes ou les contrastes, à l'activité cérébrale résultante. Dans le système tactile, les théories de la perception sont beaucoup moins bien établies.

An elaborate sweep-stick code in rat barrel cortex. Evan R. Harrell, Matías A. Goldin, Brice Bathellier, Daniel E. Shulz.

Dans une étude parue dans Science Advances, les chercheurs de l'Institut des Neurosciences Paris-Saclay ont découvert une base élégamment simple pour expliquer comment une telle approche de décomposition peut fonctionner dans le système des vibrisses (ou moustaches) de rongeurs, un modèle animal largement utilisé pour l'étude des bases neurophysiologiques du toucher.

Leur article réconcilie des théories provenant d'études comportementales avec des études neurophysiologiques à grande échelle, et fournit une image unifiée de la façon dont les moustaches extraient des informations tactiles et activent des neurones spécifiques dans le cortex cérébral. Les contacts avec les objets, appelés « sticks » dans le langage des moustaches, constituent un premier ensemble d'éléments pour l'analyse des objets tactiles. Un deuxième ensemble est constitué par des balayages étendus dans l'espace, que les auteurs ont appelés « sweeps ». La combinaison de « sticks » et de « sweeps » dans le temps et l'espace informe un rongeur sur l'emplacement et la texture d'un objet, permettant sont identification.

Cette théorie de décomposition fournit aux neuroscientifiques une base simple sur laquelle ils pourront s'appuyer dans des études futures sur la perception tactile.

Article paru dans la revue Science Advances. Voir Pubmed