Construction des stratégies décisionnelles individuelles : influence de l’environnement de vie.

Différences inter-individuelles dans les tâches cognitives : focus sur la construction des stratégies décisionnelles Dans cette revue, nous discutons comment les stratégies cognitives individuelles émergent chez la souris dans les tâches de prise de décision, comment ces stratégies se développent au cours du temps et quels sont les facteurs qui les influencent. Grâce à une tâche de gambling que nous avons développée, nous avons pu montrer que la diversité cognitive peut être mise en évidence chez des souris consanguines : environ 30% des individus développent des stratégies d’évitement du risque alors que 20 à 25% prennent plus de risque que la majorité du groupe. Ces stratégies s’accompagnent de la mobilisation de réseaux cérébraux distincts, principalement préfrontaux et striataux, ainsi que de niveaux endogènes de monoamines préfrontales différents. Nous passons en revue ici trois façons écologiques de modeler ces stratégies cognitives : la privation de sommeil, l’exposition au sucre ou aux édulcorants artificiels, et l’exposition à des environnements stimulants. Cette revue met en évidence que les capacités cérébrales permettant d’élaborer des décisions flexibles, adaptées au contexte, se développent grâce à la mobilisation d’un réseau cérébral dont on peut fortement influencer l’organisation, même chez des individus adultes et sains, en jouant simplement sur les conditions de vie. Nous mettont également en évidence de nouvelles voies pour l’identification des traits de vulnérabilité aux événements indésirables, avant l’émergence des pathologies mentales.

Inter-Individual Differences in Cognitive Tasks: Focusing on the Shaping of Decision-Making Strategies. Elsa Pittaras, Héloïse Hamelin, Sylvie Granon.

Article paru dans la revue Frontiers in NeuroscienceVoir sur le site